13 novembre 2009
Dans les corridors de Šarūnas Bartas
Son premier documentaire, Tofolaria (d'inspiration
ethnographique), retraçait l’existence d’une population en extinction aux
confins de la Sibérie. Né dans la Lituanie de 1964 à Siauliai c’est à Vilnius
qu’il tourne Corridor.
Photographe, cinéaste-artiste en
noir et blanc, il semble restaurer les ombres échappées de la caméra de Dreyer en
des couloirs où les habitants décharnés d’un
après-guerre (d’une après-apocalypse du non-droit de pensée) pudiquement, se
dénudent.
S’entrouvent alors des portes au seuil desquelles
nos regards s’égarent à contre cœur pour capter ici la maigreur d’un corps, là le
tâtonnement de deux mains sur l’arrondi d’une table pour en faire le tour.
Un visage ancré sur un autre qui
attend, qui pleure, se console, se souvient -espérance en apnée, front collé à la vitre. Se réveiller, se
rendormir, la ronde des heures, murs au plâtre sale, le père et sa fille,
le fils et sa mère, l'enfant, l'adolescente, les vieux édentés, chuchotement des voisins de même infortune, cloués au même égarement... A chacun sa folie, ses plaies, son histoire
Corridor : un cinéma
où les trains ne passent plus.
L’inadvenant de cet insupportable souterrain
visuel (perspective aussi lourde et longue que les silences où des corps ici rompus
semblent attendre depuis des millénaires) soudain, se laisse briser par
l’accordéon.
Alors les êtres s’enliassent, tournent, se voient,
s’affectionnent, se frôlent, s'exhibent. Jeunes et vieux mélangés. S’alcoolisent les hommes, les enfants, les
décombres, le décor dénudé.
Il advient que son et mouvement illuminent d’une rare beauté les visages et les corps tout à l’heure laids, rapiécés et désespérés.
Il advient qu'au faisceau de la lumière crue d'un jour, d'une heure, d'un moment, un plan fixe n'en finit pas de nous peindre la symétrie toute relative de deux fenêtres pourtant côte à côte mais fermées sur un lendemain moins illuminant, moins combatif que les rires de la veille (de l'hier ou du tout à l'heure).
Une lumière venue en échos,
peut-être aux mêmes instants, aux sept heures du Tango de Satan hongrois de
Bela Tarr.
Les draps blancs mis à sécher dans
la cour penchent vers l'Est où s’engouffre encore le vent (comme les fumées
d’usine des premiers plans) avant que la caméra plantée ne vienne capter leur combat contre le feu qui prend, qui prend peu, qui ne prend pas.
En 1995, Leos Carax s’attarde :
« Corridor a été tourné à Vilnius. C’est une vieille ville bâtie au cœur d’une forêt. Isolé dans cette forêt se trouve une sorte de petit chalet. Au rez-de-chaussée vivent la mère et le fils de Sharunas. Lucas, le fils, a treize ans. Quand il en avait trois, alors qu’il s’endormait seul dans le noir de sa chambre, il a vu des plantes géantes sortir du plancher, et grimper furieusement vers le plafond. Il a hurlé. Depuis il a peur de s’endormir seul. Son père, lui, ne craint pas la nuit. Il l’habite naturellement ; il connaît la ronde des choses. Quand la lumière du dehors se met à baisser, il allume une bougie, prépare le café, et veille. C’est sans doute alors que la fatigue et le silence lui donnent la force de concevoir un nouveau travail.Au premier étage du chalet, Sharunas et ses assistants ont installé un petit studio de cinéma, où ils travaillent, et dorment parfois. D’autres cinéastes de la région viennent en profiter. Au moment de la faillite des studios en Russie, avant l’effondrement soviétique, Sharunas avait racheté des caméras Arri-B1 pour 150 dollars pièce et une table de montage pour 50 dollars. En quelques années, lui et ses assistants ont construit sous le toit du chalet une cabine de projection 35mm, un coin pour le montage, un autre pour la post-synchronisation… (Leos Carax)»




29 octobre 2009
Laterna magica










Das Weisse Band
THE WHITE RIBBON BY MICHAEL HANEKE (TRAILER) PALME D'OR
23 octobre 2009
World Wide Web

15 octobre 2009
Polyphonie











03 octobre 2009
Noir & blanc




















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Zerkalo






1er automne
Aux arêtes de l’automne les premiers rougeoiements redessinent un feuillage rompu à ce genre de refrain : -toujours s’effacer sous le premier froid, s’affaisser, se laisser plumer par les manducations pas encore trop glacées des vents.
Mais tout doucement.
(On lève encore le nez vers un soleil franc qui s’attarde).



Et puis, ces rouges me vont bien...


Avant que le collier brun ne me craquelle ou n’assèche la sève en moi, je respire, je songe, je suis.


Encore des étincelles.


Griffes qui rosissent à l’aune du premier recommencement.


Les anges n’ont même pas l’air effarés.
Ils regardent, ils connaissent, ils savent, ils jouent.







Ils s'en fichent pas mal. Ils boudent, comme d'habitude.

Déjà, le lecteur peut voir, s’il se penche un peu, les petites moisissures qu’affectionne Amélie Nothomb.


Déjà, les fauves cherchent à se terrer.

14 août 2009
Un grand vase : poterie ou porcelaine ?
"Gauguin me disait l'autre jour qu'il avait vu de Claude Monet un tableau de tournesols dans un grand vase japonais très beau, mais - il aime mieux les miens. Je ne suis pas de cet avis."
( Vincent Van Gogh, à Théo )
02 août 2009
Les pilleurs de trains et l'institutrice
Butch Cassidy et le Kid_ Scène du vélo
Réalisé par George Roy Hill (1969)




